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Les 25 meilleurs livres de l’année 2014

La sélection romans de Nathalie Crom

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, de Patrick Modiano

Sur l'enfance, le sentiment d'abandon, sur la mémoire et l'oubli, une nouvelle variation romanesque, rêveuse et bouleversante, parue quelques jours tout juste avant l'attribution du prix Nobel de littérature à l'écrivain. Ed. Gallimard.

Le Royaume, d'Emmanuel Carrère

Entre péplum et exégèse, histoire biblique et autobiographie, un grand livre inclassable, ample, rocambolesque, érudit, foisonnant. L'événement incontestable de l'automne littéraire. Ed. P.O.L.

Lettres. Volume 1 (1929-1940), de Samuel Beckett

On aurait tort de croire que l'auteur de « Malone meurt » était un homme solitaire et taciturne. Nombreuses, intenses, profondes, ironiques, parfois formidablement triviales, ses lettres l’imposent comme un épistolier d’exception. Traduit de l’anglais par André Topia. Ed. Gallimard.

Et rien d’autre, de James Salter

Son cadet Richard Ford professe que nul écrivain américain aujourd’hui n’écrit mieux que le grand Salter. Son sixième roman, qui retrace de façon elliptique la vie et les amours du dénommé Philip Bowman, le confirme admirablement. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marc Amfreville. Ed. de l’Olivier.

Un très beau truc qui contient tout, de Neal Cassady

Pour les auteurs de la Beat generation, on croyait qu'il avait été un inspirateur, une muse. Le premier tome de sa correspondance révèle que Neal Cassady (1926-1968) était aussi un écrivain, des plus puissants et saisissants. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) et présenté par Fanny Wallendorf. Ed. Finitude.

La sélection romans de Marine Landrot

Le complexe d’Eden Bellwether, de Benjamin Wood

Impossible de ne pas lire d'une seule traite ce premier roman en forme de poupées russes, sur les perfidies d'un étudiant organiste qui manipule son monde à Cambridge, et tombe sur un os, à travers le fiancé de sa sœur, bloc d'humanité et de dévouement. The Bellwether Revivals, traduit de l’anglais par Renaud Morin. Ed. Zulma.

L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, de Haruki Murakami

Ecrit après Fukushima, ce livre raconte un cataclysme intime, source de régénération. Après sa trilogie 1Q84, violente et révoltée, Murakami signe une œuvre aussi dense qu’apaisée, un roman d’amour où les êtres tombent la carapace sans fracas, pour avancer vers la vérité et faire converger leurs désirs d’accomplissement. Shikisai o motanai Tazaki Tsukuru to, kare no junrei no toshi, traduit du japonais par Hélène Morita. Ed. Belfond.

Homère est morte, d’Hélène Cixous

Après la mort de sa mère, à 103 ans, Hélène Cixous oscille entre l’ici-bas et l’au-delà, se blottit dans l’après, se raidit dans l’avant, et ce remue-ménage chronologique a un goût d’éternité. Comme toujours, elle pratique l’écriture immédiate trépidante et l’introspection analytique distante, avec la même intelligence au galop. Ed. Galilée.

Madame, de Jean-Marie Chevrier

Huis-clos poignant autour d'une châtelaine déchue, qui donne des cours particuliers à un garçon de 14 ans, inconscient de ses charmes, conscient de ses ignorances. Jean-Marie Chevrier a créé un univers féerique hors du temps, macabre et luminescent, version inversée de La Belle et la Bête, où l’emprisonnement devient délivrance. Ed. Albin Michel.

Le ravissement des innocents, de Taiye Selasi

Premier roman d’une jeune romancière, qui donne l’impression d’être sorti de la bouche d’un griot centenaire à qui rien n’échappe des émotions de chaque âge, depuis le nourrisson qui s’agrippe à la vie du bout des doigts jusqu’à la grand-mère qui se dirige vers la mort, un papillon posé sur le pied. Une saga écrite avec une caméra mentale dont les mouvements, fluides ou saccadés, sont autant de respirations de secours. Ghana must go, traduit de l’anglais par Sylvie Schneiter. Ed. Gallimard.

Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre, d’Elisabeth Roudinesco

« Mon Sigismund a plus d’intelligence dans son petit doigt de pied que moi dans la tête », disait de lui son père, marchand de laine... Dans cette biographie-fleuve de Sigmund Freud, prix Décembre 2014, l'historienne de la psychanalyse Elisabeth Roudinesco corrige le tir entre une récente hystérie antifreudienne et une certaine orthodoxie psychanalytique, rétive à l’histoire et à la critique. Elle dresse la carte de cette « épopée des origines », avec « ses fables, ses mythes ». Ed. Seuil.

La sélection essais de Juliette Cerf

24/7 le capitalisme à l'assaut du sommeil, de Jonathan Crary

Dans cet essai original, Jonathan Crary, Américain francophile inspiré par Jean-Luc Godard et Guy Debord, décrypte le 24/7 – soit le rythme effréné du vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. Le mot d’ordre du capitalisme qui nous empêche de dormir et de rêver. Ed. Zones.

Si j'avais su..., de Stanley Cavell

Les mémoires du grand philosophe juif américain Stanley Cavell, qui eut une première vie de musicien, avant de devenir spécialiste de Thoreau, Wittgenstein, Shakespeare, et de la comédie américaine... Passionnant. Ed. Cerf.

Passer définir connecter infinir. Dialogue avec Philippe Roux, de Jean-Christophe Bailly

Entre poésie, philosophie et littérature, entre ville, théâtre et art, Jean-Christophe Bailly creuse un sillon des plus singuliers et des plus sensibles. Ce livre d'entretiens est une excellente introduction à son œuvre foisonnante. Et ouverte : « Le papillon est plus intéressant quand il vole que lorsqu'il est replié dans son coin », affirme l'auteur. Ed. Argol.

Le Parler de soi, de Vincent Descombes

Un livre salutaire et décapant en ces temps narcissiques et égocentrés. Haïssable moi, disait Pascal ! Spécialiste du langage, Vincent Descombes oriente le lecteur dans le labyrinthe de la philosophie du sujet : que fait-on au juste quand on parle de soi à la première personne ? Ed. Gallimard.

La sélection polars de Michel Abescat

Après la guerre, d’Hervé Le Corre

Bordeaux, années 50. Un commissaire de police, mouillé jusqu'aux yeux dans la collaboration, s'est refait une virginité et règne sur la ville et un réseau de truands quand ses intérêts sont soudain menacés par la vengeance d'un adversaire mystérieux. Pendant qu'un jeune homme, fils de déportés, fait l'expérience de la guerre en Algérie. Hervé Le Corre, magnifiquement inspiré, compose autour de ces trois personnages une tragédie de brumes et de mémoires blessées. Ed. Rivages.

En ce lieu enchanté, de Rene Denfeld

L'univers carcéral sous le regard d'un condamné à mort. Une prison usine, 3 000 détenus, dont le narrateur, à l'imagination enfiévrée, connaît tous les arcanes. Un livre rare, à la fois éprouvant et lyrique, réaliste et poétique, écrit par une jeune journaliste américaine spécialiste de la peine de mort. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Frédérique Daber et Gabrielle Merchez. Ed. Fleuve Editions.

Aux animaux la guerre, de Nicolas Mathieu

Une usine qui ferme, dans les Vosges, des familles sur le carreau, les efforts désespérés de l'inspectrice du travail, la colère et le désarroi, le FN en embuscade... Premier roman superbement construit, formidablement dialogué, Aux animaux la guerre, écrit sous les auspices de La Fontaine, Manchette et Pelot, est « la » découverte de l'année. Ed. Actes sud, coll. Actes noirs.

Ne reste que la violence, de Malcolm McKay

Ce troisième volume d'une trilogie qui fera date, met en scène un jeune tueur à gages décidé à raccrocher. Au grand dam de ses employeurs. Ne reste alors que la violence que l'auteur orchestre magnifiquement, d'une plume sèche et millimétrique. Traduit de l'anglais (Ecosse) par Fanchita Gonzalez Batlle. Ed. Liana Lévi.

Cataract City, de Craig Davidson

Duncan et Owen ne se quittaient pas lorsqu'ils étaient gamins. L'un est devenu flic, l'autre sort de prison. Depuis Un goût de rouille et d'os, on sait que Craig Davidson aime les histoires d'amitié et dit avec une singulière âpreté la douleur des corps sacrifiés. Un grand livre tragique au cœur d'une ville possessive et rancunière. Traduit de l'anglais (Canada) par Jean-Luc Piningre. Ed. Albin Michel.

La sélection romans jeunesse de Michel Abescat

Le Livre de Perle, de Timothée de Fombelle

Il était une fois un jeune homme venu d'un monde auquel le nôtre ne croit plus. Il était une fois un futur écrivain qui allait croiser sa route et finir par raconter son histoire. Entre roman, conte de fée et récit de soi, l'auteur de Tobie Lolness et de Vango nous entraîne là où la mémoire, le rêve, l'imaginaire et la vie se mêlent inextricablement. Là où les « histoires nous inventent ». Ed. Gallimard Jeunesse. Dès 13 ans.

Diabolique dentiste, de David Walliams

Au centre de l'histoire, une abominable dentiste sorcière, collectionneuse de dents d'enfants. Par l'auteur de Monsieur Kipu et de Ratburger, l'écrivain qui n'hésite jamais à en faire trop, roi des listes farfelues, champion des gags en cascade. Inénarrable. Traduit de l'anglais par Valérie Le Plouhinec. Ed. Albin Michel. Dès 8 ans.

Mauve, de Marie Desplechin

Troisième volet d'une série reine des cours de récré : après Verte et Pome, voici Mauve, la saga d'une famille de plus en plus élargie, construite sur une lignée de sorcières. Avec cette fois un vrai méchant, les Ténèbres descendues sur terre pour pourrir la vie des héroïnes. Les relations mères-filles, le harcèlement dans les classes, la mise à l'index d'une communauté ou comment rire et réfléchir en même temps. Ed. L'école des loisirs. Dès 9 ans.

La Voix de la meute, de Gaia Guasti

Mila, Ludo et Tristan, trois enfants d'un pays de bois et de chasse, où court depuis des siècles la légende d'hommes au visage de loup. Roman initiatique, aventure fantastique, ce texte sensuel et électrique dit magnifiquement les bouleversements et les angoisses de l'adolescence. Les deux premiers tomes de cette trilogie sont parus cette année. Ed. Thierry Magnier. (Tome 1 : Les Remplaçants. Tome 2 : Les Prédateurs) Dès 12 ans.

Angel, l’Indien blanc, de François Place

Nous sommes au XVIIIe siècle. François Place, conteur prodigieux, lance sur les chemins un jeune métis franco-indien, Angel, embarqué sur un trois-mâts parti de Buenos Aires, cap sur le Grand Sud. L'auteur ensauvage l'imagination, embrase les mots et les images. Son roman a la beauté des songes et la force du documentaire. Ed. Casterman. Dès 12 ans.

 

Source : Télérama

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