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Et si vous lisiez un livre tous les 15 jours comme Mark Zuckerberg?

a résolution de Mark Zuckerberg pour 2015? Lire. Un livre tous les quinze jours, avait-il annoncé en début d’année, en lançant la page A Year of Books, qui compte désormais plus de 380.000 abonnés et vient de proposer mardi une sixième lecture: La structure des révolutions scientifiques de Thomas Kuhn, un grand classique dans les cercles scientifiques.

Lecture = solitude

«Hâte de le lire», commente, enthousiaste, un abonné de la page. «Wow, celui-là me dépasse! Mais je me suis engagé, je vais persévérer», dit un autre plus craintif. C’est le jeu du book-club: une lecture commune est imposée, avec un délai auquel se tenir pour pouvoir participer à la discussion, avec en contrepartie la possibilité de briser l’équation lecture = solitude.

En plus de donner un coup de pouce aux livres qui à peine sélectionnés se hissent sur Amazon (avec rupture de stock à la clé pour le 1er), Mark Zuckerberg suit ainsi la tradition très forte du book-club aux Etats-Unis, connue des fans de séries américaines. Lynette, Bree et Susan en ont un dans Desperate Housewives, Tami Taylor dans Friday Night Lights ou Pam dans The Office. ABC est même en train de développer la série Bookclub, produite par Eva Longoria.

Salons littéraires

«Près de cinq millions d’Américains appartiendraient à un book-club, réel ou virtuel», selon cet article de MPR News, entre amis, entre collègues. En France, même si «au 17e et au 18e siècle, le pays était connu pour ses salons littéraires», comme le souligne Etienne Candel, spécialiste de la critique littéraire participative et chercheur au GRIPIC (Celsa) et à l’ISCC, les clubs de lecture sont un phénomène difficilement quantifiable car «se développant dans un cercle privé» selon Etienne Candel, mais indéniablement moins important.

En revanche, ils existent en ligne et alimentent une partie des échanges des nombreux sites communautaires de lecture (Booknode, Livraddict, Senscritique…) nés depuis le lancement en 2007 du tout premier, Babelio, qui compte aujourd’hui plus de 210.000 membres.

«De vraies personnes attendent votre avis»

Ce mois-ci, les membres du club de lecture de Babelio sont ainsi tous lancés, après un vote, dans la lecture du Monde selon Garp de John Irving et de Beloved de Toni Morrison dont ils discuteront ensuite sur un forum. Sur Livraddict, les lecteurs ont choisi 20.000 lieues sous les mers, avec un rendez-vous bien précis déjà fixé pour en discuter: le 29 avril entre 18h et 23h, et on ne rigole pas, «prenez cette inscription au sérieux car les autres comptent sur vous; ce n'est pas parce que le rendez-vous est virtuel qu'il n'y a pas à l'autre bout de vraies personnes qui attendent d'avoir votre avis».

«Le propre du livre est de faire parler: c’est une idée très forte sur ces sites, qui sont des forts vecteurs de sociabilité puisqu’à travers ce que vous allez dire du livre, ou à travers vos goûts, vous dites beaucoup de vous-même», note Etienne Candel.

Si le phénomène des book-clubs, également fort en Angleterre, ne l'est pas autant en France qu'aux Etats-Unis, il y a «évidemment une tradition de parler du livre, et un très fort aspect social de la lecture», estime Guillaume Teisseire, cofondateur de Babelio. Le succès grandissant du site repose sur le pari fait au départ: «Quand les gens choisissent un livre, c’est avant tout par le bouche-à-oreille. Babelio n’a fait que transférer ça sur Internet.» Alors tous à Jules Vernes, Toni Morrison, et Thomas Kuhn pour faire plaisir à Zucky.

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