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À Narbonne, comme ailleurs, des librairies indépendantes de centre-ville menacées…

Source : https://contre-regard.com/a-narbonne-comme-ailleurs-des-librairies-independantes-de-centre-ville-menacees/?utm_campaign=shareaholic&utm_medium=twitter&utm_source=socialnetwork

Le 10 janvier, je recevais un courriel de Martin Guillemot, le propriétaire de la librairie  L’An Demain, située au 4 rue Cabirol à Narbonne, qui m’informait de sa fermeture pour un mois. La raison, un long temps voyage à Taiwan pour y retrouver sa fille – elle y vit avec son compagnon, étudie et travaille depuis deux ans. Réouverture donc le 19 février. Mais pour une courte durée, hélas ! (le local et le fonds de commerce sont déjà en vente.) Malgré un travail incessant de communication et la création d’un stock pertinent et reconnu d’ouvrages dans les domaines de l’écologie et du patrimoine, sa librairie se trouve en effet  dans une impasse du fait de la baisse de la vente des livres et de la désertification commerciale du centre ville, notamment. Et il n’est pas le seul à éprouver de sérieuses difficultés.  Thierry Camus, le libraire de la rue de la Major, lui aussi cherche désespérément un repreneur – difficile quand on connaît le niveau de « rémunération » de cette profession et l’importance des garanties exigées par les organismes prêteurs – ; et on ne peut pas dire – à l’exception de la librairie de la rue Droite spécialisée dans la vente de bandes dessinées – que les deux autres librairies indépendantes du centre ville : Libellis et la Librairie du Livre Voyageur (la toute dernière installée rue de l’Ancienne Porte de Béziers) soient en très « grande forme » et sur une ligne de croissance leur permettant de « vivre » en toute quiétude. Une situation inquiétante pour l’avenir « culturel » du centre-ville, qui ne me semble pourtant  pas alarmer  nos responsables politiques locaux. Certes, quelques manifestations promotionnelles sont organisées –  « salon du livre »… –  , mais elles restent très largement extérieures aux problèmes structurels de ce secteur d’activités. Pourtant des initiatives sont prises dans des villes voisines qui me semblent reproductibles ici. Des associations regroupant des libraires indépendants naissent ainsi, qui bénéficient de subventions de leur municipalités et de la Drac ; des achats réguliers de livres sont programmés etc. Si l’on ne veut pas que disparaissent un jour ces lieux de culture et de savoir que sont nos librairies indépendantes, il serait temps que l’on s’intéresse enfin à leur avenir. Elles sont, avec leurs propriétaires, une des composantes de toute politique dite culturelle et méritent d’être considérés pour ce qu’elles apportent de singulier à la vie de la cité. Que seraient en effet nos coeurs de ville sans ces petits « temples » de l’esprit ?

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